Ethnie Gurunsi
le mot Gourounsi proviendrait de la déformation du mot Guru-si qui signifie en langue Djerma du Niger « le fer ne pénètre pas ». Lors de l'invasion des Gurunsi par les Djermas venus du Niger vers 1860- 1899 et conduit par Babatu, celui-ci ayant recruté dans son armée un bataillon de jeunes hommes forts du pays annexé, les a fait consommer du médicament traditionnel les rendant invulnérables au fer ; on les appelait Guru-si que le langage commun a transformé en « Gurunsi ».La dénomination " Gurunsi " a été employée à tort jusqu'à aujourd'hui pour désigner un ensemble d'ethnies distinctes qui vivent au Sud-ouest du plateau mossi. Comme les Mossi, ils sont originaires du Nord Ghana. Sous ce terme sont regroupés les Nuna (habitant au Sud-est du Mouhoun), Nunuma (qui occupent le Nord-ouest de la Volta Noire), Winiama, Léla, Sisala, Kaséna, Nankana, Kusasé. Cette région, faiblement peuplée, n'a pas été conquise par les Cavaliers Mossi aux XV-XVIème siècles car ils ont été repoussés par la maladie du sommeil transmise par la mouche Tsé-Tsé, qui trouve un milieu favorable à son développement dans les endroits inhabités. Néanmoins, ces populations ont été marquées, dès le XVIème siècle, par un lourd trafic d'esclaves qui s'est maintenu jusqu'à la fin du XIXème siècle. Ces différents groupes vivent généralement sous l'autorité des anciens, les " prêtres de la terre " qui sont les descendants du lignage fondateur de la communauté villageoise.il faut distinguer les masques très sacrés, les plus anciens et donc les premiers révélés aux hommes, nommés Wankr des autres masques sacrés nommés Wamu. Ces derniers voyagent beaucoup de village en village et participent à de nombreuses fêtes profanes et rituelles (funérailles). Les masques les plus sacrés n'apparaissent que lors des cérémonies rituelles et lorsqu'ils ne dansent pas, ils deviennent des autels voués aux sacrifices, comme chez la plupart des groupes burkinabés. Les masques de cette région jouent un rôle particulièrement éducatif lors des cérémonies d'initiation des jeunes garçons qui ont atteint l'âge de 10 ans. Pendant cette " école de brousse ", les jeunes gens apprennent l'histoire de leur communauté, ainsi que les règles morales et religieuses nécessaires à leur entrée dans le monde des adultes. L'initiation leur dévoile aussi les significations du masque, véritable incarnation et support de cet enseignement total. Le parcours initiatique de chaque initié est parsemé d'embûches : épreuves physiques, morales et spirituelles parmi lesquelles les luttes avec les masques, très redoutées par les jeunes initiés.
